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Ante-Scriptum: Préparez une bonne infusion de cacao ou un chocolat chaud, avant de revenir savourer la lecture de ces pages…

Il était une fois un puissant roi Aztèque qui s’appelait Quetzalcoatl

Il était en même temps dieu de l’air, de la lumière et de la vie

Il était grand jardinier du paradis des premiers hommes

Dans ce jardin poussait le Cacaoyer…

Aux Origines

L’arbre à Cacao est originaire des forêts tropicales de l’Amérique centrale. On suppose que les premiers consommateurs du breuvage chocolaté furent les Olmèques, un peuple précolombien apparu au 3ème millénaire av. JC (2500 à 500 av. JC) et qui occupait une partie de l’actuel Mexique et du Costa-Rica.

Ils sont suivis des Mayas qui l’introduisent au Yucatan (Mexique) et sont les premiers à cultiver des plantations de cacau (prononcé kakaw). Ils lui attribuent une vertu religieuse puisque la boisson de cacao était censée les nourrir même au-delà de la mort. Les archéologues retrouveront d’ailleurs de la poudre de cacao dans certaines tombes de dignitaires.

Sa culture se répand ensuite grâce aux Toltèques et aux Itzas (900 à 1200).

Ces peuples sont alors dominés et conquis par les Aztèques en 1325 qui attribuent l’origine du cacaoyer à Quetzalcoatl, un dieu ayant la forme d’un serpent à plumes.

Ils nommèrent les fèves cacahuatl, signifiant ‘les fèves du soleil’ en nahuatl, la langue aztèque.

Tête Olmèque

la princesse Aztèque

Une des légendes aztèques raconte que Quetzalcoatl récompensa l’acte héroïque, le courage et la fidélité d’une princesse Aztèque en donnant à son peuple le cacaoyer:

Cette princesse dont le mari était parti défendre les frontières de l’empire, fut tuée pour avoir refusé de révéler l’endroit où se cachait le trésor. Du sang versé, naquit le cacaoyer ‘dont les fruits cachent un trésor de graines amères comme la souffrance, fortes comme la vertu, rouges comme le sang noble’.

Ce dieu enseigna également aux hommes comment cultiver le cacaoyer, ainsi que de nombreux autres arbres fruitiers et plantes comestibles.

Khuno

Une autre légende nous vient du Pérou, où Khuno, le dieu Inca de la neige et des tempêtes pour les peuples des hautes vallées andines, détruisit un village avec une pluie torrentielle et de la grêle, car il était en colère après que son peuple ait mis feu à la jungle pour défricher les terres afin de les cultiver.

La fumée noircit les neiges des sommets andins et Khuno en fût si courroucé qu’il déclencha un grand déluge. Pour survivre, les hommes durent alors se réfugier sur les hauteurs et vivre dans des cavernes. Après la tempête, lorsque les eaux se retirèrent, les hommes partirent en quête de nourriture et découvrirent une nouvelle plante: l’arbre à cacao. Cela, disent-ils, est la manière dont le cacao a commencé à être cultivé. Le cacao a montré aux hommes comment vivre en harmonie avec la forêt.

Divinité Maya

Le cacao était consommé sous forme d’un breuvage précieux, sacré et même magique appelé Xocoatl par les Mayas, signifiant ‘eau amère’ (cf. étymologie en bas de la page) qui était préparé avec des fèves de cacao (cacahuatl) grillées et broyées sur des pierres brûlantes. La pâte amère obtenue était chauffée puis mélangée avec de l’eau additionnée parfois d’épices comme le piment, poivre, roucou, cannelle, anis et autres herbes/fleurs moulues.

Les Aztèques aimaient particulièrement l’ajout de poivre chili qui donnait à la boisson une agréable sensation de chaleur lorsqu’elle était bue. Ils accommodèrent leur recette avec de la vanille et du miel pour la rendre moins amère. La farine de maïs était parfois utilisée pour épaissir et allonger le chocolat et le transformer en une nourriture plus substantielle, mais cette version était considérée inférieure à la variété pure et puissante du Xocoatl d’origine.

On raconte que les Mayas aimaient leur chocolat chaud et les Aztèques, froid, mais tous les Mésoaméricains l’aimaient mousseux et créaient cette qualité d’écume en versant le chocolat dans un mouvement de va-et-vient à l’aide d’un bol tenu en hauteur au-dessus d’un autre, et plus tard à l’aide d’un bâtonnet nommé ‘moussoir’ ou ‘moulinet’.

Xochiquetzal

Ce Xocoatl revêtait un symbole d’abondance et de fertilité, employé lors des rites religieux dédiés à Quetzalcoatl.

Les aztèques le consommaient également en guise d’offrande à d’autres déités comme Xochiquetzal, dont le nom signifie ‘belle-fleur’ ou ‘fleur-plume’ en nahuatl. Dans la mythologie aztèque, elle est la déesse de l’amour et la beauté. Elle est la représentation de la fertilité, des fleurs, des jeux et de la danse. Cette divinité était suivie par un cortège composé de papillons et d’oiseaux. Son équivalent chez les Mayas, Ek Chuah, était le dieu de la prospérité et des marchands.

Cette boisson était reconnue et réputée comme médicinale, nourrissante, fortifiante et aphrodisiaque. Symbole de pouvoir et permettant de vaincre la fatigue, elle stimule les qualités physiques et psychiques, et apporte force et vitalité aux guerriers pendant les combats.

Boisson divine, le cacao donnait lieu à des cérémonies religieuses tout au long des différentes phases de sa culture. Comme les fèves avaient de la valeur, elles étaient offertes aux cérémonies telles que la naissance, les rites de passages, les funérailles et les mariages. Les couples mayas buvaient le chocolat comme partie intégrante de leur cérémonie de fiançailles.

Le Xocoatl avaient des vertus comparables à certaines plantes rituelles psychotropiques telles que le Ololiuqiu (Turbina corymbosa) ou les champignons sacrés. Comme les autres stimulants et enthéogènes, le cacao était considéré comme sacré par Xochipilli, ‘le maitre des fleurs’ et le dieu de la poésie, l’amour, les jeux, la beauté, vision intérieure et musique.

Dans la civilisation Maya, peu importe le statut social, tout le monde pouvait apprécier le breuvage dans des cabosses séchées décorées, mais les riches le buvaient dans des récipients plus élaborés et peints par des artistes. Peu à peu, Xocoatl devint la boisson préférée des rois et prêtres mayas.

Les cabosses de cacao étaient aussi utilisées pour la plus sacrée des offrandes, celle du sang.

Le cacao et les champignons sacrés

Onoliuqiu ~ Turbina corymbosa

Symboles de Xochipilli

Xochipilli

le cacao, fruit de la mort

Au 17ème siècle avant JC, un érudit anonyme écrit, en langue maya, le livre du ‘Popol Vuh’ qui est une sorte de Genèse. C’est dans ce livre que l’on trouve l’histoire du chocolat:

Deux frères jumeaux passent leur temps à jouer avec un ballon en caoutchouc, mais ils s’amusent trop bruyamment au goût des dieux de la Mort (également jumeaux) qui irrités et jaloux, les invitent dans leur royaume souterrain, le Xibalta, pour jouer avec eux.

Ils trichent pour s’assurer la victoire et exécutent les perdants pour être sûrs de ne plus jamais être dérangés. La tête de l’un d’eux, Hun Hunahpu, est suspendu à un arbre mort.

Un miracle se produit et l’arbre se couvre aussitôt de feuilles, de fleurs, de fruits (des calebasses selon le livre du Popol Vuh, et de cabosses selon une scène peinte sur un antique vase maya). C’est un scandale au Xibalta où tout ce qui s’y trouve est censé être dénué de vie. Il est donc formellement interdit de s’approcher et même simplement de contempler cet arbre, symbole vivant de rébellion.

Mais Xkik (‘celle de la balle en caoutchouc’), une jeune fille poussée par la curiosité et désireuse de voir l’arbre prodigieux, se rend près du cacaoyer. Alors qu’elle tend la main pour saisir un fruit et y goûter, la tête de Hun Hunahpu, dissimulée parmi les cabosses, crache dans sa paume ouverte et lui annonce: « Te voici miraculeusement porteuse de deux jumeaux, mes fils. Tu vas devoir monter sur terre et tu donneras naissance à une grande lignée« .

La prédiction se réalise.

Des jumeaux viennent au monde dont l’un porte le nom de son père (Hunahpu) et comme leur père, ils jouent au ballon en caoutchouc et dérangent les dieux de la mort.

L’histoire se répète et les frères sont invités à leur tour à venir affronter les dieux de la Mort.

Ils perdent, mais au lieu d’attendre leur exécution, ils préfèrent se jeter eux-mêmes dans un bûcher en flammes.

Ils avaient prévu cette fin funeste en se rendant dans le royaume souterrain. Ainsi, selon leurs instructions, leurs os sont récupérés, moulu comme une fine farine de maïs ou du cacao en poudre et jetés à la rivière.

Ils y renaissent sous la forme de deux poissons, transformés au bout de 5 jours en deux beaux adolescents, triomphant à jamais des dieux de la Mort.

Symbole de renaissance et d’immortalité

Conformément à ce mythe fondateur du Popol Vuh, le hiéroglyphe qui représente le cacao (kakaw) dans l’écriture maya est symbolisé par un poisson, symbole de la résurrection des dieux de la terre.

Toujours en gage de renaissance, le cacao accompagne rituellement les défunts dans l’au-delà, depuis au moins 600 ans avant JC, comme l’atteste une « chocolatière » maya découverte à Colha au Belize.

Selon une tradition orale, 9 breuvages à base de cacao et maïs sont inventés par Xmucane, déesse maya et aïeule du monde, par ailleurs marieuse et sage-femme émérite.

Outre cette fonction de breuvage divin, sacré et médicinal, le cacao prit rapidement une grande importance économique et devint une monnaie d’échange locale à travers le commerce du vaste empire aztèque.

Le paiement des impôts et les achats d’esclaves s’effectuaient en fèves de cacao. Il en était de même pour les autres marchandises telles que les vêtements, le jade et les plumes de cérémonie.

Comme sa production n’était pas assez importante et que les plantations étaient distantes des centres urbains, la boisson de chocolat devint un privilège de l’élite et des hautes classes sociales car elle représentait un luxe onéreux, considérée à la fois comme nourriture et monnaie.

Seulement quelques aztèques pouvaient se l’offrir ou utiliser le cacao pour épicer leur nourriture, parmi eux les chefs, les prêtres, les guerriers décorés et les marchands honorables.

Voici un aperçu de la valeur des biens (en fèves de cacao) dans la ville de Tlaxcala en 1545 (après la conquête de l’empire aztèque par les Espagnols):

  • Un dindon: 200
  • Une dinde / Un salaire quotidien d’un porteur / Un lièvre: 100
  • Un petit lapin: 30
  • Un œuf de dinde / Un avocat / Un poisson dans une feuille de maïs: 3
  • Une large tomate / Un large sapote: 1

Le cacao continuera d’être utilisé comme monnaie jusqu’en 1887 à Mexico.

Les fèves de cacao, comme tout système de monnaie, ont subi la contrefaçon, avec des parties de graines d’avocat, cire d’abeille et pâte d’amarante. Cela était puni par la loi mais certains prenaient le risque pour cette richesse de plus en plus inaccessible.

Les fèves ne pouvaient pas préservées plus de 3 ans. C’était donc une monnaie idéale car elle devait être utilisée et mise dans le flux du commerce. Peter Martyr d’Angheira dans son texte  ‘orbo novo’ en 1530 écrit: ‘O monnaie bénite, qui non seulement donne à la race humaine une boisson utile et délicieuse, mais aussi empêche ses possesseurs de cultiver l’avarice, car elle ne peut être amassée ou mise en réserve pour trop longtemps’.

Montezuma

L’empereur Aztèque Montezuma II avait une grande réserve de cacao; tous les territoires conquis par les Aztèques où poussent des cacaoyers devaient leur verser les fèves de cacao comme taxe.

Montezuma buvait 50 coupes en or de chocolat par jour, souvent avant d’entrer dans son harem.

Il décrétait que seulement les hommes qui allaient au combat pouvaient boire le cacao, les autres en étaient privés même s’ils étaient ses propres fils.

Les Aztèques considéraient le sang et le chocolat comme des liquides sacrés, et les fèves de cacao étaient utilisées dans leurs cérémonies religieuses pour symboliser le cœur humain, faisant référence à leur fameux rituel dans lequel l’organe du cœur encore ‘battant’ était arraché de la poitrine d’une victime sacrificielle.

La connexion entre le sang et le chocolat était particulièrement forte pour les guerriers et le cacao était servi à une cérémonie d’initiation solennelle des chevaliers Jaguar et Aigle nouveau, qui devaient subir un processus de pénitence rigoureux avant de rejoindre les ordres de la plus grande élite de l’armée aztèque.

Dans les temps de paix, le chocolat était une boisson offerte à la fin des repas, servi avec des longues pipes de tabac.

La légende du Serpent à Plumes

Petit retour en arrière avec cette légende du 9ème siècle qui nous vient de la brillante civilisation Toltèque, du nord de mexico, aujourd’hui disparue.

Dans l’antique cité Toltèque de Tollan régnait Quetzalcoatl, le dieu barbu au visage laid et à la tête longue, représenté par un serpent à plumes.

On disait qu’il possédait toutes les richesses du monde, en or, en argent et en pierres précieuses, et aussi un grand nombre d’arbres de cacao dont il avait appris, à ses vassaux, la culture.

Vénéré par son peuple, il possédait surtout la science et la sagesse.

Quetzalcoatl était également jardinier du paradis, ce qui lui permit d’offrir à l’humanité un cadeau des plus précieux: le cacaoyer.

Les hommes apprirent ainsi à cultiver l’arbre qui prodiguait force et richesse, et qui surtout, servait à préparer la fameuse boisson des Dieux… Grâce à l’ancêtre du chocolat, Quetzalcoatl régnait sur un monde prospère et idyllique.

Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais vint le temps où s’acheva la fortune de Quetzacoatl.

Trois sorciers, jaloux de l’empire de Quetzalcoatl et son peuple, envieux de leur bonheur et de leur richesse, complotèrent pour le forcer à quitter son royaume et vinrent à la rencontre de Quetzacoalt.

L’un d’eux, le magicien Titlacauan prit la forme d’un vieillard et lui dit:

Quetzalcoatl

Le serpent à plumes

‘Seigneur, je t’apporte un breuvage qui est bon et qui enivre celui qui le boit; il t’attendrira le cœur, te guérira et te fera connaître la route de ton prochain voyage au pays où tu retrouveras la jeunesse’.

Quetzacoatl bût le breuvage, s’enivra et perdit la tête. Devenu fou, il fit brûler son joli pays, toutes ses maisons d’argent et de coquillages, et alla jusqu’à enterrer ses trésors dans la montagne et dans les lits des rivières.

Il transforma les cacaoyers en une autre espèce d’arbres, qui ne donnait pas de fruits.

Il partit pour le pays où il pensait retrouver la jeunesse éternelle, en direction du soleil levant, vers l’Est. Il embarqua, paré de plumes, sur un radeau fait de serpents entrelacés, en promettant à son peuple de revenir un jour, lors d’une année placée sous le signe du roseau et qu’il leur rapporterait tous les trésors du Paradis.

…Pause de quelques siècles…

Dans le calendrier aztèque, 1519 était une année placée sous le signe du roseau et Montezuma, empereur des Aztèques, attend avec impatience le retour de Quetzalcoatl. Et voilà qu’un jour les Aztèques voient sur la mer arriver un grand bateau en provenance de l’Est. Des hommes débarquèrent, étincelants dans leurs armures semblables à des écailles de serpents, les têtes coiffées de plumes et dont le chef portait une barbe et avait la peau blanche… Dans l’esprit de Montezuma, il n’y avait aucun doute: C’était Celui qu’il attendait… Quetzalcoatl était de retour!

Emerveillé, l’empereur Aztèque lui offrit le meilleur accueil et lui remit son royaume, ses richesses, dont le fameux cacao. Celui qu’il croyait être Quetzacoatl s’appelait en réalité… Hernán Cortès. Et ses intentions étaient beaucoup moins pacifiques que celles de Christophe Colomb. Il est espagnol et il vient conquérir le nouveau monde (il venait de débarquer au Mexique), aussi est-il très surpris de l’accueil somptueux qu’on lui fait.

La Découverte

Christophe Colomb (1451-1506) fut le premier européen à découvrir le cacao en juillet 1502 sur la petite île de Guanaja, au large de Honduras, lors de son 4ème et dernier voyage au nouveau monde. Un canoë indigène vint à sa rencontre, chargé d’étoffes, de poteries, d’armes ainsi que des petites fèves de cacao sombres que les indiens voulaient échanger contre de la marchandise espagnole, mais perplexe, il n’attacha aucune importance à ces ‘amandes’. Le chef de Guanaja lui prépara alors du Xocoatl, que Christophe Colomb trouva amer et désagréable. Les indiens repartirent avec un peu de verroterie et Colomb s’en retourna sans porter le moindre intérêt au sac de fèves. Les choses en restent là.

Alors qu’il n’avait pas réalisé initialement que les fèves étaient comestibles, il reporta qu’elles étaient utilisées comme une forme de monnaie et retourna en Espagne avec les premières fèves de cacao mais personne ne savait quoi en faire et elles furent délaissées en faveur d’autres marchandises. Quand il présenta ces fèves au roi Ferdinand et la reine Isabelle, ils n’étaient pas non plus ravis avec la boisson au cacao et donc l’Espagne ne continua pas l’import des fèves de cacao pendant plusieurs décennies.

Hernan Cortés

Le voyage qui a amené Hernan Cortés (1485-1547), conquistador espagnol, à découvrir Mexico et la civilisation Aztèque a commencé en 1517 quand il prit la mer depuis Cuba avec 11 bateaux et 530 hommes, tous cherchant la fortune et la gloire dans le nouveau monde. Débarquant sur la côte mexicaine le 22 avril 1519 près de Veracruz, il décida d’aller à Tenochtitlan, la capitale aztèque, afin de voir par lui-même les richesses célèbres de l’empereur Montezuma et son empire suprême.

La date d’arrivée du conquistador correspondait avec le retour prévu du dieu Quetzalcoatl et les Aztèques n’avaient jamais vu d’hommes blancs barbus avec des armures et des fusils, qui montent les chevaux.

Ainsi, à l’arrivée de Cortés au Mexique, l’empereur Montezuma (1466-1520) et le peuple aztèque crurent à tort qu’il était la réincarnation de Quetzalcoatl et lui rendirent hommage comme un Dieu, en l’invitant dans la ville.

Pour cette raison, Cortés reçu de nombreux présents, dont de précieuses fèves de cacao. Montezuma offrit à Cortès le revenu d’une vaste plantation de cacaoyers, ainsi que son breuvage bien-aimé Xocoatl, servi dans une coupe en or, comme marque d’accueil royal. (cf. plus haut, la légende du serpent à plumes).

Montezuma réalisa son erreur trop tard, peu après s’être fait prisonnier par Cortés. En 1519, les conquistadors menés par Hernan Cortés avait conquis le royaume entier de Montezuma et mis fin au règne des Aztèques. Cortés prit possession d’une énorme réserve de cacahuatl valant une fortune d’empereur.

C’est ainsi qu’Hernan Cortès, parti à la conquête de la Nouvelle Espagne, se retrouva couvert d’or et à la tête de ce qui valait, pour les Aztèques, tous les trésors du monde: des plantations de cacaoyers.

Soucieux d’asseoir le pouvoir espagnol sur le Nouveau Monde, et contrairement à Colomb, Hernan Cortès comprit très vite la valeur économique du cacao et décida alors d’exploiter les cacaoyers et d’intensifier la récolte du cacao. Il comprit aussi sa valeur stratégique en voyant les indiens, dont il a anéanti la civilisation, boire le Xocoatl pour supporter les pénibles travaux de récoltes ou marcher pendant des heures sur les routes escarpées des Andes.

Le chocolat à la mode aztèque est une sorte de bouillie épaisse faite de fèves de cacao avec du piment, du gingembre, du miel, le tout battu avec un fouet pour faire mousser, puis versé sur du maïs cuit. Les Espagnols ont beau ne pas en apprécier le goût, ils s’habituent peu à peu à cette boisson au goût sauvage, en l’absence de vin, mais remplacent le piment par de la vanille et ajoutent de l’ambre gris, du musc et du sucre.

En 1521, Montezuma est mort, l’empire Aztèque se nomme désormais Nouvelle-Espagne et Cortès en est le gouverneur tout-puissant. Il est clairvoyant: la fève de cacao, à la fois monnaie et base de la boisson des nobles Aztèques, représente sans doute une fortune pour l’Espagne en général, et pour lui-même en particulier.

En 1524, il expédia une première cargaison de fèves cacao à Charles Quint, souverain d’Espagne. Quatre ans plus tard, il lui apporta les fèves et les aliments nécessaires à la préparation du chocolat: cannelle, grains de poivre, clous de girofle, vanille, musc et eau de fleur d’oranger.

Avec l’introduction en Espagne de cette nouvelle boisson, une nouvelle conquête allait commencer, toute pacifique celle-là… La conquête de l’Europe!

La conquête d’Hernan Cortés